Vivre c’est respirer et respirer c’est vivre

Calme, haletante, profonde ou encore coupée notre respiration témoigne de notre état émotionnel, besoin de souffler, avoir le souffle coupé, se faire pomper l’air, ou encore avoir la sensation d’étouffer et d’aller chercher une bouffée d’oxygène. La respiration est aussi responsable de la régulation physique et psychique de notre organisme. Elle est la seule fonction vitale dépendante de notre système neuro-végétatif que l’on peut maîtriser. La respiration c’est la Vie, la sophrologie permet d’en prendre concrètement conscience par une meilleure connaissance de la place qu’elle occupe dans notre biologie et par l’expérience concrète des bienfaits immédiats d’une bonne respiration.

 

Respiration et santé 

Avant l’eau, la nourriture et la lumière, l’air est la première source vitale d’énergie. En ce sens la respiration est partie prenante fondamentale du maintient en toute situation de l’équilibre des paramètres physico-chimiques qui maintiennent notre organisme en vie, c’est à dire de notre homéostasie. De l’air entre et sort de notre corps environ 12 à 15 fois par minute, de un demi litre par cycle en attitude calme à plus de 4 litres par cycle dans l’effort. L’action de respirer est l’essentiel du temps inconsciente, automatique, comme cligner des yeux par exemple.

 

respiraiton et hematose

Le geste respiratoire permet de réaliser l’hématose par les échanges gazeux entre l’extérieur et l’intérieur du corps. D’abord l’inspire apporte l’oxygène dans les poumons et l’expire en évacue le gaz carbonique, c’est la respiration externe. Puis la respiration interne réalise les échanges gazeux. Le sang artériel apporte l’oxygène (ressource) inspiré aux tissus, aux cellules et aux neurones pour fonctionner, et le sang veineux emporte le gaz carbonique (déchet) vers le cœur et les poumons pour l’expirer. Le sang est nettoyé et rechargé à l’intérieur des poumons par l’échange de gaz CO2/O2 via les membranes alvéolo-capillaires. Par ces allers et retours permanents avec l’extérieur, la respiration permet à notre organisme de réaliser les échanges indispensables à son fonctionnement de base.

Une bonne respiration permet une bonne oxygénation du cerveau et ainsi le bon fonctionnement de l’hypothalamus. L’hypothalamus est une structure du système nerveux central responsable de l’homéostasie qui pilote en permanence les ajustements biologiques de notre métabolisme en réalisant la liaison entre le système nerveux et le système endocrinien (hormones). C’est ainsi que la respiration régule notre biologie, notre rythme cardiaque, notre tonus corporel, notre production hormonale, notre cerveau, etc. Enfin les nombreux mouvements de l’abdomen, du squelette et des viscères pendant la respiration abdominale participent activement à la digestion et au massage des organes vitaux.

 

respirer avec le ventre Le diaphragme est le muscle en forme de coupole ou encore de parachute placé entre l’abdomen et la cage thoracique. Il assure 90% de la fonction respiratoire à lui seul. Il est actif à l’inspire quand il descend pour agrandir l’espace thoracique et donner la possibilités aux poumons de se remplir d’air par dilatation. Puis il est passif à l’expire quand il remonte pour réduire l’espace thoracique et faire que les poumons se vident de l’air qu’il contiennent par contraction. C’est le diaphragme qui fait le travail de respiration, les poumons sont élastiques et passifs.

 

Si j’agis positivement sur ma respiration j’agis positivement sur ma santé, c’est un cercle vertueux.

Le diaphragme est un muscle peu innervé, nous en avons peu de sensations, ce qui explique que nous ne nous rendions pas compte de l’état de tension dans lequel il peut se trouver, et que la respiration diaphragmatique n’est pas forcement facile à trouver. Bien respirer c’est être en bonne santé. Une respiration défectueuse ou insuffisante diminue la vitalité de l’organisme et peut être la source de fatigue voire d’épuisement, d’état de tension général et de mal à la tête, de dépression, de conditions facilitantes à l’apparition de maladie.

 

Respiration et émotions 

feuille-nature-reseau-connexions-vieLe diaphragme est placé entre l’étage affectif du cœur et l’étage instinctif viscéral, il est responsable du dialogue entre ces deux étages, de l’harmonie affectif/instinctif. Son bon fonctionnement assure les échanges et la circulation d’énergie entre les 2 étages, évitant ainsi les tensions et l’angoisse. Les tensions rencontrées au cours de nos expériences de vie s’impriment dans le corps et perturbent notre respiration, notamment au niveau du diaphragme, du thorax, du cou, jusqu’au blocage. Un diaphragme bloqué souligne une disharmonie affectif/instinctif chez la personne. Selon les travaux de Wilhem Reich, l’expérience émotionnelle peut provoquer une attitude psychologique de défense qui s’imprime dans la respiration, par exemple l’air est gardé en réserve dans la cage thoracique, comme une sécurité́. Cette attitude se cristallise ensuite dans les tissus, dans le corps et bloque tout genre d’émotions, ce qui provoque de l’hypertension, des palpitations, des angoisses. La plus grande cause des blocages c’est l’empreinte émotionnelle dans notre corps.

 


La pratique de la relaxation dynamique, grâce à l’association d’un travail sur le corps avec la réactivation de la respiration, libère et prévient le retour des blocages émotionnels


 

respirer c'est la vieLa respiration réalise l’oxygénation lors de l’hématose. Ainsi elle agit directement sur le taux d’acidité du sang qui lui influe directement sur le fonctionnement de l’hypothalamus. Une des fonctions de ce dernier étant de piloter les régulations du système neuro végétatif responsable de nos émotions. Ainsi, lors d’une expérience émotionnelle, la variation de notre respiration peut amener tantôt la suroxygénation ou la sous oxygénation du sang, générant un déséquilibre dans le taux d’acidité, et va perturber le fonctionnement de l’hypothalamus. Notre réponse émotionnelle peut se trouver alors exagérée ou inhibée. Les émotions viennent modifier la vitesse du mouvement respiratoire, et agir sur notre mouvement respiratoire nous permet d’agir sur nos émotions. La colère accélère le rythme respiratoire, un choc émotionnel peut conduire avoir le souffle coupé pendant de long instant, diaphragme bloqué.

 

La relation réciproque entre émotion et respiration est une évidence et une clé de l’approche psycho-corporelle. 

 

Inversement, chercher à relâcher son diaphragme par une respiration adaptée est un outil privilégié de détente, d’apaisement, de récupération. Souvent quand une émotion nous submerge en public nous avons tendance à restreindre notre respiration pour tenter de la contenir, sans réellement y parvenir d’ailleurs, alors que respirer profondément et régulièrement nous soulagera. D’ailleurs les flux respiratoires saccadés que nous connaissons quand nous pleurons à grands sanglots proviennent des spasmes musculaires du diaphragme qui se contracte et se relâche, avant de se relâcher complétement, ce qui amène ensuite un profond relâchement global du corps et de l’esprit. A moindre mesure, quand nous sommes contrarié nous finissons pas laisser aller un soupir, c’est le moyen et le témoin de la décontraction du diaphragme par l’expiration. Une respiration rythmique et ample est signe de sérénité.

La pratique des exercices respiratoires nous permet d’agir sur le contrôle des émotions ce qui peut être un allié intéressant dans des situations particulières, pour gérer le stress par exemple.

 

Alexandre Jacquelin – Septembre 2017 – Site internet : www.passerelledevie.fr

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